jeudi 25 août 2011

"La danse et le danseur ne font qu’un". Thich Nhat Hanh


Photographie, blog de Marc Lafontan.

Le vent souffle. La pluie tombe. La rivière coule. Dans des phrases de ce genre nous voyons clairement que le sujet et le verbe ne sont qu’une seule et même chose. Il n’y a pas de vent qui ne « souffle », pas de pluie qui ne « tombe », pas de rivière qui ne « coule ». En y regardant de près, nous pouvons nous apercevoir que le sujet de l’acte est dans l’action, que l’acte lui-même est exactement son propre sujet.
Le verbe le plus répandu universellement est le verbe être : je suis, tu es, la montagne est, une rivière est. Le verbe « être » n’exprime pas l’aspect dynamique et vivant de l’univers. Pour l’exprimer nous devons dire « devenir ». Ces deux verbes peuvent être usités comme des substantiels : « être » et « devenir ». Mais être quoi ? Devenir quoi ? « Devenir » veut dire évoluer continuellement et est aussi universel que le verbe « être ». Il n’est pas possible d’exprimer l’ « être » d’un phénomène et son « devenir » comme s’ils étaient indépendants l’un de l’autre. Dans le cas du vent, « souffler » est l’être et le devenir. Pour la pluie, son être et sont devenir sont de « tomber ». Pour la rivière, son être et son devenir sont de « couler ».
Nous disons que « la pluie tombe », mais « tomber n’est pas le terme le plus précis. La neige, les feuilles, et même les radiations tombent aussi. Si nous disons « pleuvoir », ce serait une description plus précise de l’action du sujet « pluie ». Nous pouvons dire : « La pluie pleut », pour décrire cette activité, en utilisant « pluie » à la fois comme sujet et comme verbe. Ou nous pouvons simplement déclarer « pleuvoir », ou même « pluie ». De la même façon, nous pouvons dire : « Le peintre peint », « le lecteur lit », le « méditant médite ». En suivant ce modèle d’utilisation, nous pouvons aussi déclarer : « le roi roi », « la montagne montagne », « le nuage nuage ». La raison d’existence du roi est de régner, d’agir en roi. La raison d’existence de la montagne est d’être, d’agir et de se conduire en montagne. Un roi « étant-agissant » signifie faire ce qu’un roi fait – régner sur le peuple, donner des audiences royales, et des milliers d’autres choses. Ainsi, comme dans le cas de « la pluie pleut », nous pouvons nous contenter de dire : « Le roi roi ». Donc, le premier mot est le sujet et le second, le verbe, un verbe qui n’est pas universel, un verbe utilisé uniquement pour les rois. Par conséquent, chaque sujet devient un verbe, et le verbe est l’être du sujet. À nos oreilles : « le peintre peint », sonne mieux que « le roi roi » ; mais en fait il n’y a pas de différence entre les deux expressions. Il y a de cela bien longtemps, Confucius utilisa ce type de langage. Il déclara : « le roi roi, le sujet sujette, les parents parentent, les jeunes jeunent. » Ce qui signifie : « Le roi est-fait le roi, « Le sujet est-fait le sujet », etc. Nous pouvons ajouter de plus amples explications comme : « Le roi fait son devoir de roi », ou »Un roi doit servir sincèrement en tant que roi », mais en fin de compte, ces ajouts et ces embellissements n’apportent rien. (...) Chaque action est son propre sujet...

Extrait de "La Vision profonde", 
Thich Nhat Hanh.
Editions Albin Michel, 1995.

mercredi 20 juillet 2011

Prière de souhaits du Mahamoudra (Rangdjoung Dordjé, IIIe Karmapa)


Namo Gourou !
Lamas, divinités et déités des mandalas,
Bouddhas et bodhisattvas
Des trois temps et des dix directions,
Montrez-nous votre compassion
Et accordez votre bénédiction
Afin que les souhaits de notre prière soient ainsi exaucés !

Puissent les rivières de vertu,
Accumulées par moi-même et tous les êtres,
Non-polluées des trois facteurs,
Et issues des monts enneigés
De nos intentions et actions pures,
Rejoindre l’océan des quatre Corps du Bouddha !

Dans cette vie et toutes nos vies futures,
Jusqu’à ce que nous atteignions l’état de Bouddha,
Puissions-nous ne jamais entendre
Les mots « mal » et « souffrance »
Et jouir de la gloire d’un océan de félicité et de vertu !

Puissions-nous,
Dotés des libertés et richesses suprêmes,
De confiance, diligence et sagesse,
Suivre un excellent maître spirituel,
Et après avoir reçu ses instructions essentielles,
Les pratiquer correctement et sans rencontrer d’obstacles !
Et, durant toutes nos vies, pratiquer le pur Dharma !

L’écoute des textes et des raisonnements
Nous libère des voiles de l’ignorance.
La réflexion sur les instructions essentielles
Dissipe les ténèbres du doute.
La clarté issue de la méditation
Illumine la nature vraie, telle qu’elle est.
Puissent le rayonnement des trois sagesses s’accroître !

Le sens réel du fondement des deux vérités,
Libre des extrêmes d’éternalisme et de nihilisme,
La voie suprême, les deux accumulations,
Libre des extrêmes d’affirmation et de négation,
Permettent d’accomplir le résultat, les deux bienfaits,
Libres des extrêmes de l’existence et de la paix.
Puissions-nous rencontrer ce Dharma infaillible !

jeudi 30 juin 2011

Hueiguang Shi : "Four imperial persecution of Buddhism in China 三武一宗法難"

In China there has been many Dharma destructions. The most famous ones are the four imperial persecution of Buddhism in China, called 三武一宗 literally translate to "Three Wu's and One Zong." It is named as such because of the posthumous names or temple names of all four emperors who carried out the persecutions. These suppression of Buddhism were carried out on four occasions from the fifth through the tenth century by four Chinese emperors. They are:


(1) The persecution by Emperor Taiwu 太武帝 (r. 423-452) of the 北魏 Northern Wei dynasty, a believer in Taoism; it lasted for seven years, beginning in 446. Emperor Taiwu followed the Northern Celestial Masters, was fighting the Xiongnu rebel Gai Wu (蓋吳). During the campaign, weapons were located in Buddhist temples, and he therefore believed that Buddhists were against him. With encouragement from his also devoutly Taoist prime minister Cui Hao, Emperor Taiwu ordered Buddhism abolished under penalty of death, and slaughtered the Buddhists in the 關中 Guanzhong region (Central China near Xi-An), the center of Gai's rebellion. The ban against Buddhism was relaxed in Emperor Taiwu's later years, and formally ended after his grandson Emperor Wencheng of Northern Wei, a Buddhist, took the throne in 452.

(2) The persecution by Emperor Wu 武帝 (r. 560-578) of the 北周 Northern Chou dynasty, enacted twice, in 574 and 577; Wu also abolished Taoism, and this event prompted Buddhists to define this time as marking the beginning of the Latter Day of the Law in China. The reason Emperor Wu banned both Buddhism and Taoism because he believed that they had become too wealthy and powerful. He ordered the monks of both religions to return to civilian life, to add to the military manpower supply and the economy. Compared to the first Disaster of Wu, the second was relatively bloodless. When it officially ended was difficult to gauge, but it was probably over by the time that his son Emperor Xuan of Northern Zhou took the throne in 578.

(3) The persecution in 845 by Emperor Wu-tsung 武宗(r. 840-846) of the 唐朝 T'ang dynasty, which was instigated by Taoists. He ordered that Buddhist temples and statues be destroyed and their properties confiscated to state treasury. The ban was not a complete ban; two Buddhist temples were permitted in both the main capital Chang'an and the subsidiary capital Luoyang, and the large municipalities and each circuit were each allowed to maintain one temple with no more than 20 monks. More than 4,600 temples were destroyed empirewide, and more than 260,000 monks and nuns were forced to return to civilian life. The disaster affected not only Buddhism, but also Nestorian Christianity and Zoroastrianism. It appeared to end after Emperor Wuzong was succeeded by his uncle Emperor Xuānzong of Tang in 846.

(4) The persecution in 955 by Emperor Shi-Zong 世宗 (r. 954-959) of the 後周 Later Chou dynasty, in which a total of 3,336 temples were destroyed (with 2,694 temples surviving).

In these persecutions, priests and nuns were killed or made to return to secular life, and Buddhist temples, statues, and sutras destroyed. In addition to the conflict between Taoists and Buddhists, moral decline in the clergy also contributed to the persecutions. Moreover, from around the time of Emperor Wu-tsung of the T'ang dynasty, the increase in the number of temples and priests and nuns put financial pressure on the state, which prompted the successive dynasties to regulate Buddhism. Finally Emperor Shi-Zong of the Later Chou dynasty carried out one of the greatest destructions.

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